DSC 0170 1024x683Après un temps de jeu pendant lequel leurs cinq sens ont été sollicités, et un témoignage de Tim Guénard qui a «pris tout le monde aux tripes», les jeunes ont vécu une veillée Réconciliation.

La soirée commence avec un chant MEJ joyeux «Dieu est une fête aujourd’hui» et un texte du Deutéronome. Père Xavier, aumônier national du MEJ, nous rappelle alors que Dieu est proche de chacun d’entre nous. A l’aide d’un conte, Sandrine, responsable nationale de la Branche ES, invite les jeunes à admettre leurs imperfections et à voir que de celles-ci peuvent faire naître de belles choses.

Une fois l’atmosphère établie, la veillée commence et différents stands sont proposés aux jeunes pour les aider dans leur prière. Sous le grand chapiteau, les musiciens accompagnent les jeunes dans leur méditation avec des chants calmes. Les TA et ES peuvent également déposer une phrase sur un mur d’expression, écrire une lettre à un proche ou à Dieu.

S’ils le souhaitent, les jeunes sont guidés vers le sacrement de réconciliation par un chemin de lumière constitué des lumignons préparés par des FNOU et des JT. En parallèle, les jeunes ont la possibilité de se recueillir devant le Saint Sacrement ou de prier avec des textes d’Evangile mis à leur disposition.

Tout au long de la veillée, une atmosphère de prière a été perceptible sur le lieu du RN. Les jeunes ont entonné d’eux-mêmes des chants de Taizé en attendant de recevoir le sacrement de Réconciliation.

En sortant de la tente réconciliation Floria, 14 ans, témoigne : «Ce qui m’a le plus frappée, c’est que malgré le nombre de personnes, tout le monde reste calme et respecte le silence. Moi, ce que j’ai préféré, c’est aller prier face au Saint Sacrement pour avoir un moment privilégié avec Dieu et lui dire tout ce que je ressens. J’ai également pu aller me confesser et écrire sur le mur d’expression une phrase de Tim Guénard : Un simple geste d’amour peut aider et relever quelqu’un !»

TimC’est en acclamant lui-même les jeunes rassemblés, que Tim a débuté ce temps de témoignage : « merci, c’est super de donner de votre temps au Big Boss, à Dieu ». Puis tout en déambulant dans les allées du chapiteau, en s’arrêtant pour regarder les jeunes, les animateurs... Tim a poursuivi: il se décrit comme « un enfant tordu, un ado tordu, un homme tordu ». Il raconte l’abandon de sa mère, son père alcoolique, la violence, les coups et les trois années passées à l’hôpital. « Et Dieu est venu me rendre visite. Je vous explique. J’étais jaloux de ceux qui avaient une famille, je n’étais pas habitué aux contacts, vous voyez, les contacts qui ressemblent à une longue piste d’atterrissage... Moi les contacts, c’était plutôt Paris-Brest, aller-retour ! Et j’avais récupéré le papier d’emballage du cadeau d’un autre enfant et j’agitais ce papier  sur lequel un nounours était imprimé : le nounours me parlait, j’avais un ami... »

Il insiste alors : « visiter un ami, quelqu’un à l’hôpital, c’est super important, le temps paraît tellement moins long. Et c’est ce que j’ai fait avant de venir ici, je me suis arrêté à l’hôpital dormir sous la fenêtre d’un ami pour qu’il me voie en se réveillant ce matin ». Et plusieurs fois, il encouragera les jeunes à veiller à ces relations si importantes pour ceux qui en sont privés : les personnes malades, handicapées, seules...

Il décrit rapidement la haine qui l’habitait en grandissant : « ça m’a conduit en maison de correction, où j’ai fait du surf sur les barbelés pour m’évader. Puis 550 km à pieds vers Paris, vers Dame Girafe (= la Tour Eiffel), au pied de laquelle j’ai vécu quelque temps. » Il parle alors de ce temps d’errance : la pluie, les rats...  et puis les rencontres qui lui ont permis de se relever. Il nous présente « monsieur Léon » : « avec les journaux trouvés dans les poubelles, il m’a aidé à apprendre à lire. La première lettre qui m’a parlé, c’est le Y. Vous savez pourquoi ? Regardez un enfant qui marche entre un papa et une maman vers qui il lève les bras... il est aussi heureux que s’il avait gagné à la loterie ! ». Il évoque ensuite les livres trouvés également dans les poubelles, abandonnés et qui font voyager : « les livres, ça met de l’anesthésie sur la souffrance… ».

Il continue : « un des premiers mots que j’ai appris à lire : DERATISATION. Ca m’a permis de ne pas m’empoisonner, merci Big Boss. » Et à plusieurs reprises dans son témoignage, il va remercier ce Big Boss : « je ne connaissais pas Dieu, mais lui me connaissait déjà. Merci Big Boss de mettre sur notre chemin des gens qui vous « repassent » quand vous êtes « chiffonnés ». » Dans ses rencontres importantes, il décrit aussi celle avec un policier qui lui a offert la moitié de son sandwich, il parle d’une juge également : « dans les rencontres, à chaque fois, ce qui compte, c’est le regard. Le regard c’est comme la météo : se mettre à la hauteur des gens, marcher à côté : ça va ? ». Il encourage alors les TA et les ES à se mettre à la hauteur de ceux qui les entourent, de ceux qu’ils rencontrent : « mettez de la valeur autour de vous, par vos regards jolis posés sur les gens. Si vous faites un métier où on demande des êtres humains : éducateur, flic, assistante sociale, prêtre... eh bien laissez les papiers administratifs de côté et regardez les gens ! Les faits divers, avant d’être dans le journal, ils sont à côté de nous ! Marchez à côté des autres, à leur hauteur, baissez-vous s’il le faut, renouez vos lacets et retrouvez les yeux, le contact avec les yeux…  Ne lâche pas des yeux les gens avec qui tu communiques, pour ne pas perdre la météo. Moi c’est ça qui m’a sauvé, quand j’ai eu un regard positif posé sur moi alors que je n’étais plus capable de me regarder moi-même... merci Big Boss. Il faut une vie entière pour découvrir le cadeau que nous sommes ! Si tu te sens con, ne sois pas triste, t’es un cadeau qui n’a pas fini d’être déballé ! » 

Il poursuit son récit de vie en décrivant son temps de travail pour préparer son diplôme de compagnon : « je suis devenu sculpteur ». Il raconte là aussi les rencontres, nombreuses, et notamment celle avec des personnes en situation de handicap, si spontanées. On m’a dit un soir : « tu viens voir Jésus avec moi ?  J’avais un collègue portugais qui s’appelait Jésus, j’ai cru qu’on me proposait d’aller voir un portugais... » Il décrit alors sa rencontre avec Jésus, ce « hold-up d’amour » qu’il fait régulièrement pour « quitter l’autoroute de la violence et prendre les petites déviations où on trouve des villages de délicatesse, de respect... ». 

Voici la vidéo qui résume la deuxième journée du RN MEJ à Saint-Malo. Une journée pour recevoir !!!
A demain !

video02

Et voici quelques photos de samedi 29 octobre 2016 !

photo02

DiwaskellAu MEJ, on le sait, la musique compte ! Pour ce Rassemblement National, c’est Baptiste Carton qui a été missionné sur ce « dossier musique ». Jeune directeur de camp, musicien lui-même et membre du Conseil d’Administration du MEJ, il s’est entouré de nombreux talents pour faire vivre cette dimension. Dans son travail, il y a eu d’abord la constitution d’un cahier des charges précis, réalisé en lien avec le Centre National du MEJ et l’équipe d’animation du RN. Il fallait être en cohérence avec le projet pédagogique, tout en tenant compte de contraintes spécifiques liées au lieu, au budget, au temps…

Il s’est ensuite entouré de Nicolas et Maxence, deux musiciens de Bretagne, avec qui il avait participé à l’aventure « Mejik », un orchestre créé en 2006 pour animer les rassemblements de la région. Une « équipe » s’est alors constituée autour de Nicolas et Maxence pour faire naitre un orchestre sympathique et compétent baptisé Divaskell. Ces musiciens et chanteurs n’ont pas été appelés pour juste lire quelques partitions durant les quatre jours du Rassemblement, mais bien pour participer à un projet à faire vivre et à mener à bien avec d’autres. Temps de partage, prières personnelles… ont rythmé leur travail de préparation, tout autant que les répétitions. Divaskell n’est donc pas un simple groupe de musique, mais une aventure vécue par des jeunes motivés et qui cherchent à répondre de manière juste et pertinente à leur engagement.

Pour Baptiste, s’est posée aussi la question du « chant du RN ». Elément traditionnel d’un RN, le MEJ a tout de même eu le souci de vouloir le faire évoluer… Et c’est ainsi qu’un chant a été commandé à Jean-Jacques Juven, fidèle auteur-compositeur du MEJ, et qu’un jingle a été créé par Divaskell.

Présent à Saint-Malo, Jean-Jacques est venu nous en dire un peu plus sur sa création musicale : « Nos chants, c’est du son et des paroles, ça raconte quelque chose de nos vies. Mais le musicien ne fait que la moitié du travail ! Ceux qui écoutent et qui vibrent y mettent aussi leur vie et tout leur vécu… » Jean-Jacques a ainsi pu expliquer qu’il a écrit ce chant dans le contexte de l’attentat de Nice en juillet dernier. Il a ainsi souhaité que ces paroles permettent le rassemblement de croyants et de non-croyants. La dignité humaine est évoquée quand nous chantons : « les pieds sur la planète, les bras dans le vent... » Il s'agit d'être debout sans se laisser écraser par les difficultés; avoir les bras ouverts dans un geste d’accueil et dynamiser le monde autour de soi. Un chrétien peut aussi y voir l’axe vertical de la Croix, trait d’union entre la Terre et le Ciel, entre l’Homme et Dieu ; le vent de l’Esprit le traverse, énergie invisible qui l’équilibre. Le titre : « L’Amour au creux des mains » évoque la Miséricorde divine qui remet debout, et bien sûr aussi l’Eucharistie, sacrement de l’Amour.

JJJean-Jacques est venu également à Saint-Malo pour finaliser sa composition. En effet, une vingtaine de TA et d’ES ont été invités à participer eux aussi à l’écriture afin d’inclure dans le chant l’ambiance du RN, l’enthousiasme des jeunes, la confiance reçue. La nouveauté de ce chant, c’est aussi la participation gestuelle, courante pourtant au MEJ. Des gestes permettent les mouvements du corps, mais une rythmique corporelle a été aussi inventée. Baptiste explique qu’ « on n’a pas toujours les compétences musicales, notamment en camp, pour assurer une interprétation des chants ; nous avons donc souhaité permettre des percussions corporelles qui peuvent accompagner le chant. »

Quant au jingle créé par Divaskell, il correspondait à la volonté d’avoir un chant festif, simple et entraînant, qui rassemble, qui réunit. Son refrain se mémorise facilement, mais Diwaskell a souhaité là aussi avoir un souci pédagogique de sens et de cohérence. Les couplets s’écrivent donc au jour le jour, en fonction du vécu de la journée, des événements, des phrases qui auront interpellé les jeunes. Le jingle de Saint-Malo « Lève-toi et ose » sera donc à l’issue du RN un chant témoin de ce qui aura été vécu spécifiquement durant ce RN.

Aller au haut